17 oct. 2012

Sencha de Yame


Fukamushi sencha de Yame (préfecture de Fukuoka), cultivar Yabukita. Ce thé a été récolté le 24 avril 2012, et c'est le premier des sachets en provenance de thés-du-japon que j'ai le plaisir d'ouvrir.

Je dois dire qu'après une incursion chez O-Cha, plutôt très décevante, et une autre avec les thés de Yoshiaki Hiruma, beaucoup plus enthousiasmante, réussie et originale mais parfois déroutante, je suis vraiment ravi de me retrouver avec tous ces thés sélectionnés par Florent. Je n'ai jamais été déçu par un seul de ses thés, et d'après ma maigre expérience de buveur de thés japonais, il est bien difficile de trouver un aussi bon rapport qualité-prix.

Espérons que les américains (entre autres) qui, semble-t-il, commencent à s'intéresser de près à la sélection de notre Nihoncha Instructor national, ne viennent pas faire une razzia dans ses stocks ! Cela dit je ne peux que me réjouir de constater que le travail de Florent est reconnu à sa juste valeur.


Je passe rapidement sur les feuilles, d'un beau vert lustré, et qui dégagent une bonne odeur de douce torréfaction. Infusion "standard" pour ce Yame : environ 80ml d'eau à 70°C, 4 grammes de thé et 1 minute d'infusion.


La première liqueur est superbe, et le moins que l'on puisse dire c'est que ce sencha est aussi bon que beau ! Ce Yame fait partie de ces thés dont on a la certitude instantanée, dès la première gorgée, qu'il va nous plaire dans son intégralité. La fine amertume est là, juste à sa place, les parfums répondent bien présents, dès la première infusion, la présence en bouche est évidente, la longueur satisfaisante, les sensations sont fraîches, rondes, grillées et végétales, bref, c'est très bon.


La deuxième infusion (plus court, plus chaud) est du même niveau, je suis ravi par la simplicité et l'efficacité de ce sencha, très équilibré, relativement doux mais avec suffisamment de mordant pour être doublement intéressant.


Le trio "notes grillées" / douceur sucrée / belle amertume, posé sur la base très végétale de ce sencha, est vraiment très réussi.


La deuxième liqueur est bien claire pour un fukamushi sencha, je dirai que c'est un peu à la frontière des étuvages standard et poussé. D'ailleurs sur le site, Florent parle bien de "chûmuchi sencha, thé à l’étuvage moyen". C'est vraiment visible dans la tasse, je suis conquis par cet entre-deux.


Ce Yame supporte très aisément trois ou quatre infusions avant de progressivement rendre l'âme. C'est un sencha simple et robuste, remarquablement bien fait et d'une efficacité saisissante. Je vais tester différents paramètres mais j'ai bien l'impression que quelle que soit la méthode d'infusion il saura tirer son épingle du jeu.


Vous aurez compris que je suis très content de ce premier sencha de thés-du-japon, et que c'est de très bonne augure pour la suite. L'hiver s'annonce bien !

11 commentaires:

lionel a dit…

"Le trio "notes grillées" / douceur sucrée / belle amertume, posé sur la base très végétale de ce sencha, est vraiment très réussi."

Tout est dit.
C'est aussi mon compagnon du matin depuis quelques jours. Rien à dire, c'est parfait.
La 1ère liqueur est intense en goût, parfumée, d'une belle longueur. Délicate, savoureuse.
La 2nde est plus veloutée, épaisse, végétale, très ronde.
La 3è plus tourbée (?), sauvage, légèrement amère.

charlotte billabongk a dit…

Quelle est cette fleur boule jaune-vert de la troisième et huitième photo ? Elle est vraiment chouette, de même que ce thé lumineux.

Sebastien M a dit…

C'est une bogue de châtaigne ^^

Romuald Theaceae a dit…

Je vais finir par y revenir à ces Sencha, cet article donne vraiment envie.
Je suis aussi surpris par l'évolution des arômes à chaque infusion. J'imaginais les thés japonais plus monolithiques.

lionel a dit…

"J'imaginais les thés japonais plus monolithiques. "

Moi aussi avant que je ne pénètre ce monde. Il y a tant d'idées reçues sur le thé japonais (que j'ai aussi partagées en mon temps...) : ils sont tous pareils, verts et c'est tout, simples de goût, peu endurants aux infusions, difficiles à réussir etc. Que nenni ! C'est un univers passionnant, jamais ennuyeux. Une fois qu'on y a goûté, difficile de démarrer sa journée sans son sencha ! (ce n'est pas Sébastien qui me contredira je pense...)

charlotte billabongk a dit…

Alors là, je suis étonnée! Je n'arrivais vraiment pas à savoir ce que c'était, mais maintenant, je reconnais bien la châtaigne, même si elle me semble très petite.

Romuald Theaceae a dit…

J'angoisse à l'idée d'aimer ces thés autant que les chinois. J'ai bu du sencha quand j'étais ado en regardant "La Mort d'un maître de thé" de Kei Kumai en vidéo cassette (le bon temps). Mais depuis...

Parviens tu à passer d'un thé à l'autre ou préfères tu séparer les sencha japonais des thés chinois comme le pu-erh que tu affectionne ?

Sebastien M a dit…

Oui Charlotte, je confirme, c'est un bébé châtaigne :)

"J'angoisse à l'idée d'aimer ces thés autant que les chinois"

Faut pas ! Je pense que le principal est de suivre ses envies, ses intuitions, sans trop se préoccuper du reste. Quand je me suis lancé dans les thés verts japonais, j'étais effectivement loin de m'imaginer que j'allais délaisser à ce point les thés verts chinois (pas totalement cela dit, j'ai vraiment été scotché par "le" Long Jing de PostcardTea cette année).
Et je te rassure, la cohabitation entre les puerh et les sencha est très facile, presque naturelle.
En tout cas, je vis ça très bien ^^

"C'est un univers passionnant, jamais ennuyeux. Une fois qu'on y a goûté, difficile de démarrer sa journée sans son sencha ! (ce n'est pas Sébastien qui me contredira je pense...)"

Voilà, tout est dit !
...à condition de se procurer de bons thés, ça va de soi. D'où l'enthousiasme qui transpire dans ce billet, merci encore Florent !

lionel a dit…

"Et je te rassure, la cohabitation entre les puerh et les sencha est très facile, presque naturelle. "

>> c'est vrai. Moi aussi ce sont pour ainsi dire les 2 seules familles de thé que je consomme au quotidien. Et je connais d'autres passionnés de thé qui suivent ce même "régime"...Pour moi aussi c'est une cohabitation très naturelle qui s'est instaurée...Sachant que j'affectionne particulièrement les jeunes shengs, qui finalement comme les sencha sont des thés verts, peu travaillés...

David a dit…

Merci pour l'échantillon. Un beau sencha bien vert plein d'umami.

Magasin Japon a dit…

Merci d'avoir partager ces informations avec nous